20 juillet 2008
Refoulement
Passer du reniement au refoulement, c'est déjà avancer.
Je vais retrouver Kathy. Je relis. La relecture, disait Daniel Pennac, n'est pas une perte de temps (ou qqch du genre), mais la preuve d'un amour indéfectible.
18 juillet 2008
Je retourne sur le divan invisible
(moi qui ai tjs refusé une psychothérapie, psychanalyse ou quelconque analyse par refus de la médecine) (ça me fatigue de chercher le bon thérapeute pendant des années, j'avoue)
@ Luinil plus particulièrement
(tant ceux qui viennent pour le fun et ma musique vont se faire ch*er un peu mais après tout c'est mon auto-thérapie et un échange aussi, donc soit ça vous va, soit tant pis, gardez en tête que c'est ma manière à moi de communiquer, vu que parler et moi...)
Je pensais écrire peu et finalement... Je réponds ici en ayant commencé à répondre sur ton blog, Luinil, car je pensais que je n'avais assez réfléchi pour avoir bcp à écrire (je suis tjs persuadée qu'il me faut du temps mais à chaud j'ai parfois de bonnes intuitions, au fond une auto-psychanalyse n'est pas profondément éloignée du commentaire de texte, c'est juste un commentaire de pensées :p) (il paraît d'ailleurs que d'essayer de s'en sortir seule est impossible, la preuve que c'est possible est que j'avance, lentement, et je suppose que c'est mieux que de ne pas avancer du tout).
Hum déjà c'est très étrange de lire ça et de relier à ce que j'ai pu lire précédemment, je comprends plus de choses à présent (et ça cogite bien, aussi).
En fait je crois que je suis au stade où après avoir fait expérimenter des extrêmes à Kathy, elle a vécu des choses moins extrêmes et s'est trouvée, comme moi, dans un vide assez intense. Où j'étais il y a quatre ans, où je me retrouve à présent. En fait ma Kathy fonctionne un peu comme ta Luinil, mais après diverses transformations et un grand vide (je ne sais même plus quand j'ai quasiment arrêté de jouer Kathy pour passer à Alan, tellement plus simple en apparence à jouer... tellement moins ancré dans ma vie), je tente de la sortir du placard en retrouvant les vieux démons. Tu vois, ça ne se sent pê pas dans le blog car j'ai tendance à jouer mon bébé dans ma manière d'écrire - j'ai tjs aimé cette prose car elle permet d'exprimer des choses terrifiantes, des choses impossibles à dire normalement -, mais j'ai pas mal changé en apparence. Je suis devenue froide, calculatrice, manipulatrice. J'ai commencé à faire des plans de carrière, à court, moyen et long terme. J'ai commencé à établir des contacts professionnels. En bref, je suis devenue celle que je m'étais jurée voici quelques années de ne JAMAIS devenir. Je me suis aperçue que c'était pour mon bien et que soit j'acceptais les règles du jeu d'adultes et les accommodais à ma sauce, soit j'étais hors-jeu, hors-société, hors travail. En abandonnant mon projet d'être prof, j'ai abandonné avec la - fausse, je pense à présent - sécurité, la ligne directrice de conduite, les habitudes familiales (mon père est prof, ma mère était prof, ma tatie est prof, mon frère va devenir prof, sa copine aussi et moi je le suis pour quelques cours). Et là soudain mon monde a basculé dans un ailleurs. Certains auront même eu l'impression que je changeais. Certes mais là où eux et moi nous sommes trompés, c'est en s'imaginant que parce que je changeais sur ces points, le reste changeait également.
De l'insécurité où j'étais en 2004, je serais passée à un état de Sydnette, zen et parfaite, Sydnette réussit tout, Sydnette part à Boboland, Sydnette semble tellement épanouie, bien dans sa peau, tellement bien avec les gens qui l'entourent. Je me suis prise à mon propre jeu. A force de m'inventer une Sydnette fréquentable, je suis devenue Miss Parker, froide calculatrice maniant les masques avec ardeur. Et essayant d'être la plus honnête possible avec les gens que j'aime. Le mensonge et moi ne nous entendons pas, je suppose que c'est déjà ça. D'où le silence. Un parfait silence sur ce qui ne va pas. Jusqu'à ne plus savoir ce qu'on cache exactement et l'ignorer sans le savoir.
Et dans cette sécurité, cette nouvelle vie qui s'est bien construite cette année, s'étonner du grand vide intérieur qui nous laisse pourtant avancer (il faut dire que mon moteur n'est pas en moi en un sens, le moteur qui me fait avancer est extérieur et sans ça, je crois que je me serais déjà arrêtée, aucun intérêt de poursuivre le jeu de la vie sans but précis) (à noter qu'avec des buts qui semblent idiots la vie est plus facile, ça signifie se placer sous une certaine logique qui évite de nous placer dans notre logique habituelle - j'adoooore les changements de logiques dûs à des lieux ou des situations, ils nous font des pauses, même relatives).
Espérer aussi que les autres ne croiront pas trop à nos changements, aux façades qu'on s'invente (même si je pense que c'est un foirage total vu que ma propre mère a cru à mes premières façades, forcément les dernières en date, bcp plus efficaces, on y croit d'autant plus facilement) (bordel pourtant à force on sait que chuis un moineau sans défense non ?!), à la confiance en soi qu'on fait semblant d'avoir afin d'en donner aux autres (oui, quand on s'enfonce et quand on tient le discours de qqn qui s'enfonce, les autres suivent, ce que je refuse de tout mon être), avec plus ou moins de conviction réelle (mais tout de même, cette lumière qui brille en moi, cette foi en je ne sais quoi fonctionne plutôt bien, c'est d'ailleurs tjs aussi inexplicable. Déjà j'ai la foi dans la réussite des autres - et quand je le dis, je le pense, sinon je me tais -. Je pense qu'ils peuvent réussir, d'ailleurs je vais être méchante en un sens mais les losers sont derrière moi, je suis entourée de gens auxquels je crois, les autres sont partis ou je les ai quittés. Il y a juste bcp de gesn autour de moi qui manquent de confiance en eux. Je me dis parfois que s'ils s'accordaient à eux-même la valeur humaine que je leur accorde, ils ne seraient plus là hihi - il est cependant plus facile de croire en qqn d'autre qu'en soi ^^. Et j'ai aussi la foi tout court, pas genre comme ces mômes qui vont à Sydney dire coucou à Benoît Truc, plutôt comme une mystique, je crois en cette lumière, en cette possibilité d'amélioration, malgré la profonde conviction scientifique que tout va à sa perte qui anime mon désespoir nocturne).
J'ai donc tjs peur de ma crédibilité. Qu'ils ne s'imaginent pas qu'on a changé et qu'on va les abandonner puisque c'est le contraire qui se produit. Sans les autres, particulièrement certains, le tout petit cercle de proches qui compte vraiment et qui est classé dans "famille" dans mon MSG Messenger (cad la famille que je me suis choisie puisque la famille à proprement parler sur MSN c'est DEUX personnes loool), ma vie n'a pas de sens. Je me souviens comme ça d'une discussion, probablement celle qui m'a fait le plus mal de toutes ces dernières années, j'avais envie de hurler mais je ne savais pas quoi. Je me suis trouvée à ne plus savoir quoi répondre et à dire des conneries, à avoir peur des réponses que je pourrais donner (et pourtant ça n'a pas fait "tilt" à l'époque, chuis vraiment lente du cerveau quand même). Maintenant je sais, là maintenant tout de suite je sais enfin ce que je n'ai pu exprimer. Je le savais un peu mais c'était tabou, ça l'est encore pas mal et donc non exprimable en l'état (je suppose surtout que ça n'est et ne sera jamais recevable en l'état looool >< ce qui relève soit d'un manque évident de confiance en moi, soit de réalisme, et probablement des deux looool). J'avais envie de hurler que non je ne changeais pas, que c'était juste une façade afin de vivre et que moi je croyais plus en la personne à qui je parlais qu'en moi, que j'ai tjs tellement cru en cette personne que j'ai changé pour ça, pour essayer d'atteindre qqch d'au-dessus de ma misérable existence de jusque là, que moi je croyais pas un instant à ce qu'elle s'imaginait être ou plutôt ne pas être, et que j'ai tenté de faire tjs mieux afin d'avoir qqch à offrir, plutôt que le néant, car je tenais réellement à cette personne (plus qu'à quiconque, d'ailleurs). Je n'ai d'ailleurs pas l'impression d'avoir avancé. Je ne suis pas objective une seconde, enfin très peu, mais je n'ai pas l'impression d'être meilleure et encore moins d'être au-dessus, d'être à un endroit que la personne ne pourrait atteindre. Elle a pê pas remarqué que moi je croyais en elle à un point infini ^^'. Je n'ai pas essayé d'être plus forte pour moi, j'ai juste tenté de sortir la tête de l'eau afin d'être fréquentable, car j'ai senti que rester ET était délétère. Peut-être aussi pour être aimée, même si je ne fais pas grand-chose pour - mais jadis je n'étais aimée que de TRES PEU de gens, au collège, à présent j'ai choisi d'aimer certaines personnes et comme tt être humain idiot :p je souhaite recevoir le minimum syndical d'affection en retour. J'aime avec une telle force les gens qui m'entourent que je ne peux l'exprimer, c'est bcp trop dangereux je suppose. Et plus j'aime, moins j'exprime en général. Autant dire que le peu que j'exprime signifie tant et tant derrière.
J'en reviens à Kathy. Kathy, pdt que je changais, n'a bizarrement pas bougé d'un pouce, ou si peu. Purée c'est là que je me rends compte que si, bcp o_O. Tiens, c'est marrant, je pensais que non alors que précisément SI o_O (sans blague, je pensais qu'elle avait peu évolué mais sa non-évolution est assez récente). Ouais, super, je tiens qqch loool.
En fait, en 2004, Kathy a pas mal changé en un sens. Elle a été avec Stephan, puis avec Mart. En fait, alors qu'avant elle n'aimait que depuis peu, elle s'est vue attribuer qqn à aimer profondément et depuis un temps si long que je l'ai rallongé petit à petit jusqu'à ce qu'il soit proche des origines (ça n'était pas réaliste, ni fait pour donner de la consistance mais juste parce que dans ma tête, le temps est une preuve de l'immensité du sentiment, plus dans les fictions d'ailleurs :p, en vrai je n'ai pas besoin de ça, je fais confiance... dès que j'ai certaines marques je fais confiance aux gens, bcp trop je suppose mais c'est un choix, qui concerne un nb fort limité de personnes de tte façon. Mais il n'est pas faux que j'aime d'autant plus les gens que je les connais depuis un moment, c'est assez logique et commun je pense). Ca je n'y avais pas fait attention en fait, maintenant que je réfléchis c'est rigolo de constater que c'est en 2004 et surtout 2005 que j'ai modifié sa vie de manière considérable. Tandis que je ne cherchais plus à la relier à ma propre vie (là je crois que j'ai fait une boulette lol). Je lui ai donné un moteur pour avancer. Et ai perdu le moteur, la clé. Tandis que moi je pataugeais à essayer d'avancer.
J'en viens à me dire que j'intellectualise encore trop les choses mais quand je cesse de le faire, je me noie carrément. Kathy, en fait, a besoin de retrouver son moteur, ce qui la fait avancer et qui n'est pas Mart'. Peut-être que j'ai cru pdt un laps de temps que DM était mon moteur, ça n'est pas impossible, c'était le moteur de pas mal de choses. A présent que je suis devenue la Vieille Syd Avec Plein De Masques Réalistes, peut-être que Kathy a besoin de moteurs communs avec moi, de partager un peu avec moi. Nous ne partageons plus grand-chose pour être honnête, alors qu'avant nous partagions presque tout, à part son talent, sa beauté, sa richesse, son rire cristallin, ses longues jambes, ses yeux magnifiques et toutes les qualités que je lui ai filées qui font que bien entendu, la fiction a un petite intérêt :p. Je crois que je tiens le noeud de mon pb avec Kathy : nous avons des univers dissociés. Par erreur, par peur, par non-conscience des choses, par ignorance, je l'ai laissée s'éloigner et ai recréé qqch qui est plus proche de moi avec Alan. En un sens, ça n'est pas si grave, ça m'a permis d'avancer et à force de m'interroger sur cette proximité d'esprit avec mon personnage, j'ai fini par comprendre enfin des choses. Mais je crois qu'il est temps de retrouver ma Kathy, la vraie la fille avec qui je partage des trucs (hey je partage même ma maison, ma brosse à dents et mon lit avec elle, c'est pas de la rigolade looooool). Et là je repense à une conv' avec la Déesse de la nuit (:p). Laquelle m'avait dit que si Kathy et moi n'étions plus en phase c'est parce que j'avais changé. Autant dire que j'ai été vexée, blessée, etc etc. et que j'ai sorti le cortège de mauvaise foi et en même temps pas. En fait elle avait raison : je tentais de devenir mon personnage, je me construisais cette fameuse façade réaliste. Eh bien j'ai arrêté : en profondeur je n'ai pas bcp changé, j'aime tjs les mêmes gens avec autant d'intensité, sinon bien plus. J'arrête juste les conneries. Cette époque est révolue : cette connasse de Kathy va redevenir moi docilement, mon double, ma chose, ma créature à moi ahahahahahhaha (docteur Frankenstein style :p). Sinon je lui fous une beigne :p.
Luinil, je ne sais pas si j'ai tt à fait répondu, si j'ai répondu à tous les points mais j'ai avancé énormément, là :-). J'ai réussi à mettre par écrit des choses qui tourbillonnaient. Encore un truc : je ne pense pas que Luinil soit complètement morte, juste qu'elle ne te sert pas pour l'instant, pas comme tu l'avais créée, avec son indépendance. Je pense que chacun a inconsciemment un double, même s'il ne lui invente pas tout une vie. Après tout, quand on s'imagine une situation passée ou future, ce n'est ni plus ni moins qu'une Histoire qu'on crée. Puis tu as l'air à la charnière de qqch au fond :-), ce qui est assez angoissant et excitant en même temps je suppose (+1, lol).
PS numéro 1 : j'ai vraiment vieilli, mes derniers chouchous en date, les Kasabian, je ne les envisage pas du tout comme j'ai pu le faire avec DM. Je deviens vraiment une vieille conne aigrie :p.
PS numéro 2 : d'ailleurs tout fout l'camp, Jarv' (ouais LE Jarv') fait ses courses dans un Champion à Paris, à Boboland on m'a confirmé tous les détails lol. Pffff, on est loin du mythe glam rock :p. On est bêtement humains, et même lui :p. Crotte alors ;).
17 juillet 2008
En fin de nuit je couche avec des filles (mais je suis interrompue)
(J'inaugure le Grimoire Strange Things comme Trucs Bizarres Qui Ne Sont Pas Franchement Pas Déprimants Mais En Même Temps Pas Joyeux Ni Rien Et Qui Donnent A Réfléchir).
Déjà merci à vos commentaires, particulièrement à Luinil, ça m'a fait réfléchir, je vais te répondre (j'ai attendu afin de mûrir tes réflexions et l'évolution de la mienne, ça m'a fait bcp de bien) (déjà j'étais assez surprise, je lis encore ton blog - faut dire l'adresse a pas bougé et est facile à retenir donc même au boulot je pouvais le faire :p - mais je poste un commentaire par an à peu près donc ça m'a étonnée de voir que tu lisais encore le mien ^^).
Dans la série "je balance tout et c'est ma joie" ou plutôt "sinon là je pète les plombs", le rêve de cette nuit était bien comme il faut lol. LE truc étant que j'ai un 2e Syndrome Erwan en peu d'années looool (ça signifie forcément qqch, qu'il faut interpréter, comme le Syndrome Erwan original qui devait évidemment pas être pris au pied de lettre et heureusement looool). Pour rappel, puisqu'évidemment vous n'avez pour la grosse majorité suivi le Très Vieux Blog Moisi de la Lune Bleue (qui portait d'ailleurs pas du tout ce titre-là), j'ai fait en 2e année je crois un rêve à la con. Ca se passait dans un acsenceur, et le type - le fameux Erwan, ça a bien fait rigoler Chloé qui le connaît, quand je lui ai raconté un midi à Boboland - avec moi est du genre beurk, pas au sens premier mais juste pour moi, pas mon truc mais alors pas du tout, jamais fantasmé, jamais envisagé. J'ai donc jamais compris comment mon cerveau avait pu mélanger des trucs pareils >< (oki j'avais parlé de lui ou un truc du genre, ça a dû suffir, euuuurk). Et là ben c'est l'équivalent au féminin lol. La fille que j'ai jamais imaginée comme ça, avec laquelle il pourrait rien se passer, pas du tout mon truc physiquement comme moralement lol, juste sympa, une copine à moi o_O mais dont je suis pas proche du tout, une connaissance en somme. Le cerveau fait des trucs étranges parfois. Ce matin, donc, j'étais avec elle, dans ma chambre a priori car à un moment je la plaque contre un mur et y'a mon poster de Stephan Eicher derrière la porte donc ouep ça colle 'achement bien niveau décor. Puis après (? la chronologie des rêves n'est pas exacte) dans un lit, enfin bref :p. Ca va pas bien loin - mais un peu quand même, on jouait pas aux cartes lol - car... qqn a sonné à la porte et je me suis réveillée.
Dans un drôle d'état puisque je ne savais pas trop quoi en penser. Non pas que les rêves avec des filles me dérangent mais :
- d'habitude c'est personne que je connais (sauf le fameux Rêve Dérangeant du mois de mai où okay c'était pas vraiment poussé mais la suggestion est tjs pire chez moi :s)
- d'habitude je m'en souviens pas, les rêves avec des filles dont je me souviens datent de plusieurs années, comme par hasard... (sauf le fameux Rêve Dérangeant du mois de mai)
- pas avec elle, eurk eurk looooool, en plus elle fume, non mais sans dec' :p - okay j'ai vécu avec des fumeurs pdt 3 mois là lol mais bon je sais que je cesse de respirer sinon :p, trop d'allergies ^^' qui se sont bien calmées en rentrant quand même -.
Par contre me souviens nettement avoir pensé dans le rêve "ouais mais avec elle c'est pas grave si ça foire", aheeeemmm là j'aurais comme qui dirait un élément intéressant (déjà c'était de la baise pure, chose que j'ai pas vraiment pratiquée lol, c'est nouveau chez moi, même en rêve et j'ai pas l'intention de commencer pourtant :p) :
- c'est pas grave si je lui plais pas
- c'est pas grave si elle me plaît pas
- c'est pas grave si on se plaît pas
- c'est pas grave si ça va nulle part
en gros en opposition à d'autres choses, je détaillerai pas mais je vois bien... J'ai pensé en plus de tout ça "en plus je crois qu'on se voit plus officiellement à la fac l'an prochain vu qu'on est pas dans la même section à tous les coups elle fait G***".
LOOOOOLLLL là c'est assez facilement interprétable, une fois n'est pas coutume dans mes rêves :p.
M'enfin ça m'a bien travaillée quand même ^^'. Mais je sens que c'est positif car souvent je ne me souviens de que dalle et souvent aussi mes rêves m'aident à confirmer qqch, c'est juste un reflet mental après tout.
LE commentaire de la semaine revient à Luinil et je vais te répondre ici car je sens que je vais développer (je me connais, jétais la reine pour faire déborder les cases dans 20six et devoir tout réécrire car il m'effaçait tout, ce con). Déjà je copie-colle le commentaire comme ça je pourrai répondre style commentaire de texte. J'espère que ça t'embêtera pas, Luinil (comme on n'est pas aux mêmes heures sur msn, peux pas te demander et là un mail ça va être long, j'ai envie de poster maintenant, au pire j'efface après si ça t'ennuie) mais ma réflexion a vraiment avancé comme ça ^^ donc je trouve assez logique de procéder ainsi ici.
Luinil a dit :
Quel déballage sur ces derniers posts! Je sens le besoin de te défouler. J'ai souvent eu ce besoin de sortir de ma tête tout ce qui m'étouffe, mais je n'ai jamais pu l'écrire sur un blog. Pourtant, c'est une réponse qu'on a besoin. Une réponse extérieure, une sorte de lumière derrière la porte "sortie". Ou peut-être qu'on a juste besoin de sortir tout ça de sa tête et d'espérer que ça reste posé sur le papier. que ça ne nous revienne plus tel un boomerang dans la gueule. Si seulement on pouvait déconnecter un instant.
Pour ce qui est de l'écrire sur un blog, ben en fait c'est rigolo car je suis qqn d'extrêmement pudique :p, spécifiquement moralement. Ca ne se soit pas comme ça :p (ceci dit ça reste très contrôlé, je déballe mais je déballe ce que je veux, ça suffit sans doute pour un lecteur extérieur pour comprendre certains trucs mais ça reste un point de vue, un écrit maîtrisé). Mais après ma première dépression, je me suis méfiée en me rendant compte qu'écrire un journal était moyennement utile car si je pétais vraiment les plombs, il n'y aurait personne pour m'empêcher de faire des choses que je regretterais après. Même les écrire, sur un support lu par des gens c'est forcément différent, on va se retenir, donc se retenir dans les faits (à force de me faire engueuler car j'expliquais que je me charcutais le bras, forcément je le faisais moins, ça marchait pas mal). C'est pour ça que j'avais créé Once In A Blue Moon, car je me sentais trop mal pour que ça reste enfoui. Et là oui, comme c'est revenu comme un boomerang, 4 ans d'absence de tout ça, forcément je me dis que j'ai merdé quelque part. Donc que, vu que j'ai peu de lecteurs et que ça va en diminuant (en plus c'est l'été), je peux me permettre de réécrire un peu ma vie et d'espérer trouver des réponses, soit à force d'écrire, soit à force de lire des commentaires et des autres blogs (ce que j'ai passé en mode light aussi, grave erreur). En fait tu as complètement raison, Luinil, c'est les deux à la fois. Et poser sur le papier virtuel en sachant que c'est là avec toutes les conséquences que ça amène, et essayer d'atteindre cette lumière qu'on a perdue en chemin, en retrouvant des morceaux de vérité qu'on ne voulait plus croiser mais qui sont pourtant la base de tout.
Luinil a dit aussi :
Raah et ce double maléfique qu'on se forge dans ces histoires et qui nous rattrape trop souvent ^^. Peut-être que Kathy est arrivée à la fin de son histoire.
Hum ça c'est impossible, Kathy existe depuis que je suis môme. Oki elle a eu des noms différents mais sa personnalité s'est juste enrichie, elle reste la même depuis plus de 10 ans. Son passé et son histoire actuels se sont construits à partir de mes 7-8 ans (avant c'était une princesse donc oui on peut considérer qu'il y a eu un tournant loooool). Je le sais car K2000 (que je regardais en CE2 chaque samedi lol) m'a pas mal inspirée pour les décors de chez elle, ses habitudes de conduire dans le désert pour oublier, sa maison, etc. Elle se construit, évolue mais ne peut mourir. Elle est plutôt à un tournant et je n'ai pas encore trouvé sa voie, donc la mienne en fait ;). Même si elle et moi sommes fort différentes, n'avons pas la même vie, les mêmes amis, le même âge (elle est de 1959 :p), le même passé, nous avons des repères parallèles, des goûts communs, des valeurs communes. Donc elle n'est pas à la fin mais à la un début que je le localise pas bien. Ca non plus, j'avais pas bien saisi ^^.
Peut-être que tu devrais lui accorder des vacances, un stand by, une pause. Elle aussi a besoin de se retrouver. Tu lui fais prendre l'avion direction la Suède, la Norvège, le Canada. Toute seule dans le grand avec de temps à autre un bucheron qui croise son chemin. Kathy change de vie Virage à 180°. Ma Luinil à histoires en a fait des milliers des virages. On tourne finalement autour du pot. Tour du monde sur son secret blog. Mais quand elle se retrouve de nouveau face au pt de départ, elles a d'autres possibilités d'avancer.
Ca vi, elle a besoin de vacances, de changement surtout... J'ai besoin de la déconnecter du monde où je la force à rester pour retrouver son passé, ses traces. Je sais que faire des Histoires se déroulant dans le passé ou dans des lieux de son passé m'aide en général bien. La Suisse, le désert californien, toussa. Et là elle serait prête pour un grand virage (et peut-être que moi mes virages seraient moins abrupts qu'en ce moment lol). C'est exactement ça qu'il lui fait mais je ne sais pas pourquoi, là le réflexe n'est pas venu.
Et là la Syd se dit que son article est décousu. Ben flûte :p.
YESSS j'ai les billets pour London. Y'a juste Ticketmaster (boîte de billets de concerts en Angleterre) qui fait chier, pas reçu les billets du concert encore >< (ça fait un mois là et c'est dans un mois l'évènement...), ils n'ont pas encore été envoyés selon le site... YES j'ai acheté le combo ticket pour le Gothic Festival à Waregem ^^ et fait mes ptites courses - dans un vrai GB encore appelé GB pas comme le Carrefour de Mouscron, là seuls les frontaliers comprendront loool -, ça m'a fait du bien de me balader un peu, surtout là-bas. L'an dernier j'avais l'impression d'être hors des contraintes, hors du temps, chuis à l'étranger tout en étant dans un endroit familier (la Belgique me fait tjs ça :p je la connais bien et elle reste mystérieuse quand même :p). J'espère que ça me fera ça cette année aussi, en plus je connais bien les lieux et l'organisation et puis pas de stress pour ça.
14 juillet 2008
Insomnie / la Petite Conne
Et un post de plus pour le Coffre à Jouets (au passage me connaissant avec un titre pareil on aurait pu s'attendre à plus coquin comme le mode d'emploi du Jack Rabbit - cf Sex and the City... - ou les délires du canard vibrant mais noooonnn, en plus j'aime les canards qu'en BD, pas de bol). Me relève encore après m'être couchée m'enfin comme je chialais comme une idiote dans mon lit, me suis dit que venir étaler un peu ici, ça sera pas mal. Passque le silence je manie depuis tellement longtemps que même un journal papier je savais plus tenir. Vais aussi m'arranger pour ne pas laisser de fautes, pas comme hier, j'ai eu la flemme de corriger en relisant des passages au hasard cette nuit.
Encore des soucis avec la Petite Conne Kathy. Me rends compte qu'elle est floue, elle n'a aucune consistance (alors qu'à la base sa biographie me prend des pages et des pages donc en toute logique avec heuuuuu plus de dix ans d'Histoires très complète on devrait ne jamais avoir de souci scénaristique la concernant). J'ai tenté là ce soir dans mon lit de jouer des tests mais c'est trop difficile, ça passe pas psychologiquement, je refuse toujours. Tout ça suite à un beau bout de ratage au sein d'une Histoire que j'ai vraiment pas envie de gâcher. La chose m'agace considérablement (rappelez-moi de dire à la Molkette que sa version single de English Summer Rain c'est de la merdeuh, je le savais déjà mais là au milieu du best-of c'est saoulant), et c'est peu dire. Là on en était à discussion et puis le vide alors que j'étais bien motivée, de super humeur et que je sentais bien le truc. Ca me dégoûte. Au fond c'est pas avec Mart' que je suis fâchée. Je suis fâchée avec moi. Je suis incapable de vivre dans le virtuel donc la réalité vient foutre en l'air le virtuel. Si je suis aussi fâchée avec Mart' c'est car il n'a pas su combler Kathy, combler ce vide affectif qu'elle a et ainsi me permettre d'avoir un plein quelque part (enfin jveux dire ailleurs que dans les bouées qui me servent de corps, évidemment, et que j'ai envie de charcuter, là tout de suite maiiiiis notez je me retiiiiiennns) (faut dire il est tard et j'ai la flemme et c'est le bordel pour pas changer donc trop compliqué). Ce qui laisse Kathy dans un vide, dans une immensité béante où elle flotte, sans raison réelle. Et en fait la Kathy est à peu près aussi larguée que moi. Jouer Alan est assez sympa, ça permet d'extérioriser mon côté garçon manqué m'enfin bon chuis pas un mec non plus, chuis une fille avec une bonne dose de connerie et d'hormones de meeeerde et que j'aimerais bien que les hormones d'ailleurs elles fassent un effort ^^' coquetterie, de potins, de maquillage et d'envie de mecs. Enfin, quelque chose du genre. Ou pas du tout lol. Je sais pas bien comment faire agir la Kathy, peut-être la passer par des états très violents, la transformer, je ne sais pas.
Et comme si ça suffisait pas la nuit dernière, quand je me suis couchée, j'ai entendu à la radio Policy Of Truth... Question de me rappeler que j'avais tendance à trop l'ouvrir...
Now youre standing there tongue tied
Youd better learn your lesson well
Hide what you have to hide
And tell what you have to tell
Youll see your problems multiplied
If you continually decide
To faithfully pursue
The policy of truth
Ptit con. Tu exprimes tjs mieux que moi ce que je veux dire. Et là tu as exprimé ce que j'ai pas réellement formulé hier... Mais bordel... quand je dis rien les emmerdes se multiplient et me reviennent telle un boomerang... quand je l'ouvre, je constate qu'effectivement c'est pas brillant... "it's complicated" comme dit un certain profil. Mais là c'est même plus compliqué à ce stade...
Donc là Kathy passe pas, passe plus, pour pas changer... Même Alan m'agace pour le coup et je me retrouve face au vide, face aux pensées... Incapable de jouer quoi que ce soit question de se détendre un brin et de pas encoooore passer une moitié de nuit à penser à la mort, à penser à ces vacances, à penser à plus loin, à penser à dans 10 ans, à penser à l'an prochain même, à penser tout court. C'est toujours quand on cherche à ne pas penser qu'on pense... Déjà ça, là je me suis occupée un peu, un peu de ménage, un peu de télé, un peu de NCIS sur l'ordi, un peu de photos d'Iris. Et Kathy qui refuse de se plier, de je ne sais pas, de se foutre avec l'un ou l'autre... De faire un truc même artificiel. Avant, j'y arrivais bien, je me focalisais sur un type, je le collais dans mes Histoires, je m'amusais comme une petite folle et c'était réglé. Jadis elle était faite pour Alan, après ça collait trop bien avec Flood mais finalement il est parti vers d'autres horizons (j'y ai repensé tiens à la relation Flood-Kathy, ça donne à réfléchir ^^') elle en a plus rien à cirer des sentiments, en fait ma Kathy est dépressive aussi, elle s'en fout de tout... C'est super. Ca fait avancer le schmilblik un personnage double dépressif... Je savais que juillet serait dur sans boulot pour remplir la tête mais gosh ^^'. J'arrive même pas à avancer donc je culpabilise, enfin bref le classique de la procrastinaton. Donc voilà, j'ai une Kathy dépressive que je n'arrive plus à faire évoluer autrement qu'en milieu professionnel... Et encore même ça ça me gonfle souvent ces derniers jours, vraiment plus moyen de la maîtriser alors que j'avais repris un peu le contrôle. C'est sûr, me suis imaginé plein de fois sa mort même en fait ça n'est pas crédible car elle a des enfants donc ne ferait pas ça. Tant qu'il y a quelqu'un à aimer, on ne se tue pas, c'est une règle maison. Je ne peux même pas tuer cette petite conne, c'est vous dire la résistance qu'elle porte en elle. Et là aucun moyen de jouer quelque chose de choquant, quelque chose qui pousserait vers de l'indicible (en plus ça colle pas du tout avec ce qui a été inventé, ça faut bien l'admettre................). Ca résiste à fond. Je crois que je suis encore plus pudique que je pensais, même dans les Histoires secrètes, je suis incapable de jouer vraiment. Peut-être par peur d'aimer ça, je n'en sais rien mais ça devient pénible, j'ai besoin de savoir, besoin d'un vrai jeu non ça n'est pas un jeu qqch, de vérité crue, pour sentir tout ce qui me travaille exister quelque part. Impossible d'en parler, impossible de confier ça, j'en ai déjà bcp trop dit, j'ai déjà tout révélé au Chat et là je ramasse les morceaux en me demandant si c'était très fin comme stratégie, même si ça devenait irrespirable, étouffant, ingérable au quotidien : il aurait fallu mentir et je suis une irréductible adepte de la policy of truth, juste au niveau personnel, vis à vis de moi. Je suis le flic le plus sévère avec moi que je connaisse. Jusqu'à en être gonflante, tiens. J'ai un mal fou à me retenir de parler, je me dis que je ne suis pas honnête et que cette honnêteté je l'ai pourtant comme principe numéro 1 avec certaines personnes. Et là j'ai pas du touuuut la sensation de redire un discours maintes fois écrit dans des circonstances très différentes et en n'ayant absolument aucune conscience d'écrire pile ce que j'avais tout au fond, là où ma conscience n'accédait pas et où elle a accédé à cause de quelques posts dont j'ai soudain compris le sens. Quatre ans après, c'est pas mal niveau délai soit dit en passant. J'ai un cerveau lent (cerf-volant, ah ah, profitez de la blague Carambar, elle me faisait rire quand j'avais six ans) (je sors ====>). Et je suis une sale conne mais ça j'avais plus besoin de me le prouver. Je suis dans la merde lol.
Concrètement, je cherche où aller avec Kathy (en fait si j'étais logique, je ne devrais pas écrire tout ça ici mais un blog secret c'est trop pourri comme idée, ça me défoule cinq minutes et puis je n'y vois plus d'intérêt, j'ai tjs autant horreur de cacher des trucs alors que je devrais savoir que vouloir être transparent est "une des pires idées dans la triste et longue histoire des mauvaises idées" - j'ai piqué la réplique dans The Lost World : Jurassic Park II, Ian Malcolm / Jeff Goldblum, ça c'est pour le quota films pourris à citer -) (en fait je devrais fermer ma gueule mais j'ai déjà une sensation désagréable d'imploser à chaque fois que je rattrape de justesse mes bourdes au rayon déclarations). J'ai cru trouver une parade, me suis jugée maligne. Me suis dit : allez, casons-là avec Shirley, ça m'occupera la cervelle looool. Mais ça résiste, ça résiste bien. Et là j'ai constaté que ça résistait là où je pensais pas que ça résisterait. Et quoi faire ? ça semble tellement artificiel. Les faire s'embrasser ? L'idée même me révulse, j'ai super peur de ce que Kathy veut, super peur de moi. Protect me from what I want, hey comme quoi Bri-Bri dit pas que des trucs cons. Si je savais ce que je voulais, déjà. Je n'arrive pas à vérifier ce que je veux exactement, l'idée me fait bien trop flipper, de vouloir tout ce que j'ai pu imaginer et plus encore. L'idée me débecte, en réalité. Je me débecte. Pour changer. Mais version dégoût violent, le plus grand dégoût que j'ai eu de moi-même de toute l'histoire du dégoût de moi. (tiens que j'écoute Bri-Bri, il faudra qu'il m'explique les paroles de sa chanson en français de Protect Me passque heu... comment dire, j'y vois des trucs super salaces et je sais pas si j'ai un esprit déviant ou si je vois ce qu'il faut y voir, ahem) (ah ben non je viens de lire les paroles françaises, putain j'ai réellement un esprit déviant, j'avais entendu autre chose ===> fuit).
Donc la Kathy, je n'ai pas réussi à la jouer avec Shirley puisque bon Kathy veut je sais pas quoi (j'ai pas réussi à introduire qqch qu'elle veuille, d'habitude je raisonne à l'envers, je joue un truc dans une Histoire PUIS j'y vois un sens, j'ai oublié qu'avant je faisais le contraire, que j'introduisais qqch qui me posait pb - mais quand le qqch est lié à la survie, pê que c'est un peu plus difficile...) et m'est avis que Shirley veut pas Kathy non plus. Donc bon. Autant dire qu'on va dans un mur. J'ai tenté de ressortir Alison genre 5 minutes lol mais elle est plus artificielle encore je le crains. Au final Kathy est la personne la plus seule que je connaisse virtuellement :p. Seule, sans... sans personne à aimer. Officiellement. Officiellement pour moi aussi en un sens. Elle est vide. Pas crédible, dénuée de sens.
Bon allez, je quitte le navire blog là, je n'arrive plus à penser droit.
En écoute : cette petite salope (lol, ça va plaire aux fans qui passent ça :p c'est affectif, je préviens :p) de Bri-Bri, de Molkette, bref le best-of de Placebo, Once More With Feeling. J'aime encore ce groupe, c'est désespérant, c'est suffisamment dépressif pour le moment et suffisamment rock pour succéder à l'EBM que j'ai écoutée cette aprèm en notant les groupes du Gothic Festival.
06 juin 2008
Dépaysement ou bienvenue chez les ploucs
Je ne reconnais plus rien.
Ca faisait un petit moment que je n'avais pas écrit de long texte introspectif, en ce moment je me lâche un peu, besoin de me défouler, d'exprimer, après une période un peu trop dépressive à mon goût (c'est pas que j'étais au bord du suicide, hum, c'est que même ça je voyais pas l'intérêt lol) (paradoxalement, je vois bcp d'intérêt à pas mal de projets :p)(tant que ça soit pas personnel, hein ><).
Déjà j'ai un peu de mal avec moi-même en ce moment, en fait j'ai un peu de mal avec Kathy depuis très longtemps et je commence à avoir un aperçu des raisons pour lesquels je suis fâchée avec elle et encore plus fâchée avec Mart'. Je suis terriblement paumée dans mon identité et, alors que j'aperçois un peu ce qui pourrait être une vérité, elle me terrifie plus que tout. Je ne m'étais pas aperçue de l'immensité de cette peur. La peur de l'abandon, je la connais, la peur de la mort, du vide, du noir, je commence à connaître (d'ailleurs en apprenant les causes des peurs, on parvient à philosopher ou à les calmer en partie). Mais ces peurs brutes, de territoires inconnus, non, ça je n'avais pas aperçu, je croyais être à l'aise avec moi. Et là je comprends soudain extrêmement bien Serge, de la manière dont il est dans les Histoires. Je n'avais pas analysé qu'on partageait certaines terreurs.
Constat du jour : je reviens à Lille et hop, le TGV me mène directement dans une ville que je connais bien, où j'attends un bus pendant plus d'une demi-heure, ben oui heure creuse oblige. Le temps que je me mette à haïr profondément ma région, haine qui se poursuivra jusque dans le bus où, décidément, les gens sont tjs moches et cons (oui, je suis pas dans mon bon jour, vous l'aurez compris).
Et, dans le TGV, alors que je bossais sur mon mémoire, j'aborde la question identitaire. Professionnelle, évidemment. Et là mon esprit dérive sur le reste. Alors que je commence à apercevoir ma vraie identité professionnelle, celle que je me suis construite durant le stage en cherchant à me placer par rapport aux informaticiens, par rapport aux journalistes, par rapport à la documentation, voici que mon identité personnelle, elle, se brouille.
Il y a encore de ça quelques mois, j'aurais défendu ma région coûte que coûte. Puis est apparu Bienvenue chez les Ch'tis qui a remis en question pas mal de choses, comme les sketchs de Dany Boon perçus par les Parisiens avaient déjà éveillé en moi quelques interrogations.
Autant vous le dire tout de go : je vis chez les ploucs. Oui, vous avez bien lu. Forcément : on picole jusqu'à être pété au boulot, on parle comme des débiles, on ne lit pas - normal, on passe son temps au foot -, on vit dans uen région de bouseux où il pleut tout le temps. J'oubliais : on est gentils. C'est bien, merci monsieur Boon. Et alors que le film a réveillé l'instinct régionaliste de tout un chacun, englobant même les gens du Pas-de-Calais, il a éveillé chez moi l'envie de me casser en voyant que tout le monde se satisfaisait de cette image. Comprenez bien : je n'ai pas détesté le film, mais je connais ma région, je sais ce qu'il y a derrière (je trouve ça bien qu'on veuille expliquer aux gens du Sud et d'ailleurs que le Nord, même s'il pleut pas mal, c'est très chouette) (d'ailleurs, suffit de voir la liste des concerts dans le coin pour en être parfaitement satisfait lol) (mais justement j'aurais aimé que le film dépasse ça). Et quand on me sort que c'est une caricature, que c'est poussé à l'extrême et que c'est fait exprès, je leur dis "okay, mais combien de gens ayant vu le film, vivant en dehors du Nord, savent ce qu'il y a derrière ? combien savent que les jeunes ne parlent en général pas chti du tout, n'ont pas forcément d'accent, savent lire et écrire ?!!! en gros qu'on est pas que des cas sociaux, qu'il y a aussi de bon petits gens intelligents et moins prétentieux qu'à Paris mais là je joue ma snob :p". Et je garde ce malaise qui fait qu'on se trouve obligé de tout justifier, notamment sur le plan scolaire. Oui, nous avons des universités, certaines sections sont mieux que celles parisiennes, notamment en documentation (je voudrais surtout pas cracher sur les facs parisiennes mais quand même, quand j'ai lu les programmes de certaines sections, j'ai rigolé devant leur caractère extrêmement arriéré) (doc = bibliothécaire, super, à Lille y'a un DEUST pour ça, c'est très bien fichu, c'est en deux ans et voilà). Et pourtant on se trouve obligé de tout justifier car on a tjs l'impression de passer pour des ploucs. Pire encore, nous voilà, nous Nordistes, singés par les Parisiens qui, dans le bus ou un café, sortent des "hein ? tcho biloute" avec un accent parisien de merde en se croyant malins. Oui, je sais, le Nord c'est exotique lol. Comme quoi l'exotisme d'ailleurs n'a pas besoin d'être lié à un ailleurs éloigné, faudrait que j'en cause à JM Moura looool (ahem, je sors).
Oui, j'avais envie aussi d'un débat intellectuel, d'une version intellectuelle de Bienvenue chez les Ch'tis. C'est peut-être un peu idiot mais ça m'a manqué. On a analysé le film en cherchant à comprendre le succès et on n'en a pas profité pour remettre d'autres choses en question. Je ne suis quand même pas la seule à être frustrée, si ? Je n'en veux pas à Dany Boon, il a représenté des choses qu'il aimait, il a montré son coin, la gentillesse des gens, l'humanité que j'ai tjs aimée et rarement retrouvée ailleurs en France, là je suis honnête. Mais ça m'a gênée terriblement que ça s'arrête là. Je voulais aun après, qui montrerait que certains ne sont pas plus bêtes qu'ailleurs, malgré les immensités de débiles autour (mais des débiles, à Paris, j'en ai croisé un paquet aussi, seulement c'est pas la réputation ambiante) et que nos qualités dépassent notre gentillesse (certes, à Paris, pour avoir un sourire c'est hard, les gens se méfient quand tu souris lol, peu de gens conçoivent une gentillesse entièrement gratuite dénuée de tout intérêt derrière :p forcément si tu souris c'est soit que tu te fiches d'eux, soit que tu as un truc à demander :p même à Boboland ça marche :p le sourire est forcément conivence, remerciement, demande, par de la pure gentillesse, enfin rarement - allez si, mon chouchou le graphiste sourit à cause de la musique en m'évoquant ses chouchous à lui, mais c'est encore différent et je le trouve pas très parisien). Et donc en rentrant je me sentais pas Parisienne, ça ça risque pas, mais pas Lilloise, en observant les conditions, le bus, les gens, la laideur ambiante, tout ce que je trouve beau d'habitude comme les rues, la gare. Je suis trop paumée pour avoir la force de défendre tout cela. Je me sentais rien en fait, carrément paumée, ne sachant plus où était ma patrie.
Il faut dire que dans le Nord deux attitudes dominent : le plouc heureux de son sort et l'intello qui nie tout rapport à la culture populaire. Le plouc heureux de son sort est l'atroce personnage moche qui gueule sur tout et n'importe quoi, n'ouvre jamais un livre, est trop fan du RCL, picole au picon-bière et a adoré Bienvenue chez les Ch'tis parce qu'on y parle un peu comme lui quand il est bourré. L'intello nordiste est le personnage qui soit a fui soit aimerait fuir le Nord, est instruit et fait comme s'il n'avait jamais parlé ou compris le ch'ti, d'ailleurs il a ri comme tout le monde devant le film mais a commenté un peu comme les Inrocks : c'est une comédie bon enfant, ça se regarde mais pas plus. De vraies caricatures, j'en suis consciente. Je connais des personnes intermédiaires mais plutôt peu. Etre fière de sa région sans tomber dans la défense du populaire débile n'est pas évident. Quelle position prendre par rapport à cette culture-là ? Si on accepte le fait qu'on comprend le ch'ti, qu'on comprend les moeurs du coin, qu'on a des rapports proches avec la Belgique, qu'on aime la bouffe du coin, on a peur alors qu'on nous confonde avec les débiles heureux de leur sort. Et il faut batailler deux fois plus pour rappeler qu'on a un cerveau, des neurones et de l'instruction car on sent le regard "ah nan mais c'est la fille du Nord, la pauvre nouillasse trop moche et grosse car elle bouffe que des frites", avec limite un regard compatissant :p (ça fait plus ou moins rire et plus ou moins mal, selon l'humeur). Au fond la majorité des Parisiens n'a rien saisi de l'esprit belge ni de l'esprit nordiste. Ils ont vu le film et tout analysé à travers leurs préjugés. Ca aurait limite renforcé le truc :s. Quand ils voient les Curry and Coco en concert, les commentaires débiles vont bon train, je les ai entendus et j'avais très envie de les frapper, de les secouer et de leur hurler "mais bordel, vous nous croyez assez idiots, nous Lillois et autour, pour ne pas maîtriser le second degré, pour proposer ça au premier ?!". Bizarrement, je ne suis pas retournée voir Sylvain et Töma depuis là-bas, même si j'aurais parié qu'ils allaient remporter le Rock Battle. Je ne sais tjs pas saquer les Parisiens, les vrais, qui se complaisent dans une hype qu'ils se construisent tout seuls. Et ayant fait deux soirées hype la même nuit, j'ai constaté que le mot "simplicité" n'était pas compatible avec cette vie-là. J'aime bcp la simplicité, la sobriété, que ça soit dans le design, dans l'ameublement. On a pas dit le vide, du tout lol, mais la simplicité : j'aime mieux un truc de bois tout tordu qu'un meuble hype à la con par Bidule de Muche de la Paquinière. Il y a cependant un paradoxe, que j'ai constaté autjourd'hui. Plus ma haine pour Paris augmente, moins je me sens Nordiste, il y a comme un souci lol. Je me sens Nordiste à Paris et à Lille je me sens vide. Je dirais plutôt désoeuvrée devant l'impossibilité de défendre ce que j'aime, ce auquel je crois. Peu de gens ont envie de défendre le Nord intellectuel, gueuler un peu pour défendre les facs du coin, pour qu'on ait de la reconnaissance (et du blé, accessoirement). J'ai un bol fou, en documentation, Lille III est bien placée (y'a qu'à voir les résultats au CAPES de documentation) donc je n'ai pas trop de mal à défendre ma chapelle, mais il en est autrement en Lettres où on site la Sorbonne comme étant le fin du fin (ayant des amis à la Sorbonne, je garde personnellement des réserves, notamment sur les contenus des programmes ;)). Et les gens déclarant être dans l'endroit le plus pourri de toute la Terre, dans une "fac pourrie", sont très nombreux. Evidemment, si on est soi-même persuadé être dans un endroit pourri, avoir une formation pourrie, les autres auront du mal à être convaincus du contraire. Je pense pour avoir observé pas mal de facs françaises que chaque fac a des tares, y compris les plus "prestigieuses" et que c'est à chacun de savoir organiser sa défense, compléter sa formation, s'ouvrir au monde et défendre son CV. Je ne dirai jamais assez combien j'étais heureuse dans mon ptit lycée à la réputation plus que miteuse. Okay, j'ai pas eu 19,5 de moyenne au Bac, mais j'ai appris bcp (et si j'avais bossé plus par moi-même j'aurais eu plus lol). Le tout est d'arrêter de vouloir à tout prix dépendre de l'endroit où on est, se prendre en main et se secouer. Tout endroit a ses qualités, à chacun de les trouver, les exploiter et se construire son propre parcours.
Avant je ne comprenais pas pourquoi on voulait quitter un endroit en essayant de trouver mieux ailleurs, aller au soleil, car j'étais heureuse où j'étais. Depuis que je ne suis plus heureuse où je suis, j'arrive à voyager mais je ne comprends toujours pas cette fuite désespérée : l'ailleurs n'est pas une solution, la solution est dans la construction, pas dans la fuite. Je ne vois pas comment il pourrait être plus facile de se construire à Nice (soit dit en passant, je trouve Nice fort laide donc déjà ça fait une bonne excuse pour pas déménager - non pas que Lille soit extrêmement belle mais au moins j'aime son architecture) qu'à Lille. On se retrouve toujours face à soi, à la limite on masque ses interrogations avec des sorties à la plage.
Et au moment où ma rage d'écrire s'amenuise un peu, je me rends compte que je suis un peu apaisée et très motivée. L'essentiel, ça n'est pas l'endroit dans lequel on se trouve, c'est que l'on peut toujours se construire et que tout reste à construire.
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en espérant pas tout foutre en l'air :s.
